mardi 25 décembre 2007

Fye D.Flowright; l'enfance d'un indésirable (partie 3)


Voici donc la partie trois de ma fiction sur l'enfance de Fye. Je répète que les parties ne se suivent pas réellement. Ici, notre médecin préféré rencontre ses parents pour la première fois depuis qu'il s'est fait recueillir par Monsieur Walter. Version longue pour ceux (ou celle, devrais-je dire, ahah) qui vont le lire sur le forum d'X-men.

~°~

Et le voilà devant une massive porte de bois joliment taillée d’ornements où, en son centre – horizontalement parlant -, était disposé un heurtoir de fer teinté d’une douce couleur or, faisant rehausser la couleur de la porte de chêne. Fye n’était pas un expert, mais il pouvait facilement déclarer que ce travail artisanal avait été achevé par un véritable professionnel. Il eut même quelques difficultés à cogner à la porte avec l’aide de l’accessoire de métal, ayant peur d’abîmer un si beau, et sûrement si long, travail. L’action enfin faite, il recula quelques pas, attendant patiemment une réponse. Puisqu’il était là, debout, immobile, il leva la tête pour observer la maison dans son ensemble : une vraie maison de poupées. Malgré son style ancien, la maison victorienne semblait seulement avoir été bâtie quelques vingtaines d’années auparavant.

Soudainement, la lourde porte s’ouvrit dans un faible grincement, arrachant le jeune médecin de sa contemplation architecturale. Il baissa immédiatement ses doux saphirs afin de les ancrer sur la personne se tenant sur le porche. Celle-ci semblait être sa mère; les traits toujours jeunes malgré l’âge, les cheveux longs, blonds, brillants sous l’astre de midi, les yeux d’un bleu pur, qui, pourtant, fixaient son fils durement, presque méchamment. Cette lueur intimida tout de suite l’Anglais qui s’empressa d’ouvrir la bouche, balbutiant.

« Bonjour Mère. »

Esquissant un sourire peu certain, toujours gêné, il pu voir, malgré la vitesse, la main de sa mère fendre l’air, puis frapper sa joue qui prit immédiatement une couleur écarlate, contraste important avec sa peau pâle. Son petit sourire s’évanoui aussitôt et la surprise s’empara de son regard. Pourquoi?

« Où étais-tu passé? »

Le blondinet ne su quoi répondre. Surtout lorsque l’expression de la femme devant lui changea si subitement. Les larmes venaient faire briller ses yeux alors qu’elle ouvrait les bras, s’approchant de son fils et se collant contre lui, presque désespérément.

« Pendant toutes ces années… Tu nous as tellement manqué… »

Après hésitations, Fye rendit l’étreinte de sa mère, posant une main sur sa tête, la caressant doucement, lui soufflant de lui pardonner. Il ne savait pas exactement ce qu’il avait à s’excuser, mais la femme qui cachait son visage sur sa poitrine semblait bien le savoir, elle, puisqu’elle leva la tête pour fixer son enfant d’un œil beaucoup moins réprobateur, maintenant. Puis, elle sembla confuse par son comportement, se recula et afficha un petit sourire.

« Je… Je suis contente que tu ais retenu notre invitation, Fye. Ton voyage n’a pas été trop étreignant?
- Non. Malgré le décalage horaire, je suis en pleine forme. »

Un silence pesant s’imposa entre les deux personnes avant que la dame ne le brise, dans un murmure, un peu malgré elle, le regard que l’on peut qualifier de rêveur.

« Je n’aurais jamais cru que tu lui ressembles à ce point, une fois adulte. »

Encore une fois, le médecin ne su quoi répondre, ne sachant pas de qui elle parlait, de toute façon. C’est en voyant son air un peu perdu que la mère s’aperçu qu’elle avait parlé tout haut. Le jeune homme n’eut même pas l’occasion de poser une question qu’elle lui répondait déjà.

« À ton père. Tu ressembles à ton père. » Lâcha-t-elle comme si la chose avait été une évidence même. « Allez, viens. Entre. »

Aussitôt demandé, aussitôt exécuté : le médecin pénétrait à la suite de sa mère dans la grande maison. Maintenant dans le hall, posant sa valise sur le parquet, il put constater que la maison était aussi belle à l’intérieur qu’à l’extérieur. Un vieux – du moins, il semblait plus vieux que sa mère – bonhomme vint à leur rencontre. Il n’avait presque plus de ses cheveux châtains sur la tête et sa voix puissante exagérait l’émotion qui s’était emparée de lui.

« Fye, mon fils! Bienvenue chez les Flowright! »

S’étant fié à l’accueil que lui avait fait sa mère, il s’attendait à beaucoup plus pire venant de son père. Par contre, il ne trouvait pas qu’il ressemblait tant à son père…

« Daniels-Flowright. » rectifia sur le champ sa femme sur un ton certainement plus sec qu’elle ne l’aurait voulu.

« Oui, chez les Daniels-Flowright. Excusez-moi. »

Il jeta un œil à sa femme qui afficha un sourire satisfait. Fye, quant à lui, essaya de mettre frein à cette petite dispute conjugale en bafouillant quelques remerciements. Et aussitôt, son père prit en main le bagage aux pieds de son fils et commença à grimper les escaliers menant à l’étage.

« Viens, je vais te montrer ta chambre : je viens tout juste de finir de l’emménager pour ton arrivée. »

Le blondinet suivit son père alors que sa mère prenait un autre chemin que les deux hommes, déclarant qu’elle allait faire du thé. Le jeune Anglais termina son escalade et arriva bien vite à sa chambre. La bouche légèrement entrouverte, signe d’admiration, il entra dans la pièce qui était magnifiquement décorée et meublée. S’approchant doucement du lit, il effleura de ses doigts fins le meuble, retraçant les dessins qui y étaient sculptés. Tout comme la porte de l’entrée et la plupart de l’ameublement de la maison, il semblait taillé avec minutie et attention. C’est seulement lorsque la voix grave de son père s’éleva dans la pièce que le médecin détacha son regard de l’œuvre d’art.

« J’ai laissé la pièce intacte, mais j’ai changé le lit. Tu n’aurais jamais pu y dormir! » L’homme rigola quelques instants avant de reprendre la parole, ayant dans aucun doute vu l’attention que portait son fils sur les meubles, plus principalement sur le lit. « Je ne croyais pas pouvoir le finir avant aujourd’hui; je viens tout juste de le terminer. »

Fye leva ses saphirs jusqu’à pouvoir fixer son père, les yeux brillants d’admiration.

« C’est vrai? C’est vous qui avez sculpté ce bois? » Il marqua une pause, observant de nouveau la précision du travail. « C’est vous qui avez travaillé la porte de devant aussi?
- Comme tous les meubles de cette maison. Je suis ébéniste.
- Hallucinant… » Commenta le jeune homme, reprenant son observation, alors que l’aîné se dirigeait vers les escaliers.

« Je vais rejoindre ta mère. Tu descendras lorsque tu auras fini de t’installer. »

Le médecin hocha distraitement la tête, toujours à observer avec curiosité et admiration tous les objets placés dans la chambre. Il s’arrêta finalement près d’un bureau. Caressant le bois vernis, ce ne fut pas long avant que sa main ne s’arrête sur la surface lisse : une photographie placée dans un joli cadre y était posée. Doucement, délicatement, le jeune homme la souleva afin de mieux la consulter. La photo représentait sa mère aux côtés de son père où sa propre personne y était centrée. Tous souriaient grandement, leurs visages illuminés par la joie de vivre. Touché par l’image, Fye se mit à sourire tranquillement.

« Il est dommage que je ne me souviennes pas. »

vendredi 23 novembre 2007

Fye D.Flowright; l'enfance d'un indésirable (partie2)

Comme le titre l'indique, voici la deuxième partie de l'histoire de Fye. Les deux parties ne se suivent pas vraiment, mais c'est qu'une fois toutes les parties écrites, je vais les assembler, créant ainsi une fiction à chapitres. Tout ça est peut-être des paroles en l'air, mais je suis très motivée pour ce projet et j'ai la ferme intention de le réaliser au complet!
Si un trou de mémoire vous empêche de vous rappeler du passé de notre médecin dans la période de ses six à douze ans, venez jeter un coup d'oeil à la première partie.
Mise en garde: Cette fiction peut contenir des traces de sang.

~*~

Fye prit une grande inspiration, puis frappa à la porte de bois autant dévernie qu'usée de l'appartement de son frère. Il n'avait pas eu le courage de lui parler au téléphone, mais une fois devant lui, il ne pourrait pas de désister. Après quelques secondes d'attente à se tortiller les doigts et où l'idée de rebrousser chemin lui vint en tête plusieurs fois, une jeune femme aux cheveux ambrés lui ouvrit, le dévisageant du même coup.


« C'est quoi ces lunettes? »

Instinctivement, le médecin porta ses mains à ses verres, un peu troublé en pensant qu'il les avait égarées, une fois encore.


« Et tu n'étais pas au salon il y a à peine quelques secondes? Comment as-tu fais pour t'embarrer à l'extérieur? Et te changer aussi vite avec ses vêtements… »Elle sembla chercher ses mots pendant quelques secondes. « ‘’Propres’’? »


À ces mots, les traits du jeune Anglais se détendirent et un doux ricanement s'échappa de ses lèvres fines. La dame le regardait de nouveau de travers, se demandant visiblement ce qu'il avait à rire de la sorte.

« Je dois vous dire que j'ai moi-même été surprit de voir à quel point nous nous ressemblions. » Il tendit la main à la jeune femme qui semblait perplexe, un large sourire sur son visage à nouveau serein. « Je suis Fye, le frère cadet de Frédérick. Heureux de vous rencontrer, mademoiselle... »

Le ton qu'il avait employé pour finir sa phrase laissait clairement à son interlocutrice le loisir de se présenter à son tour, mais la demoiselle ne le prit même pas en compte, ignorant tout autant sa poignée de main. Elle le regardait, son œil vif comme parcourant chaque parcelle de son maigre corps, mastiquant son chewing gum d'une façon peu élégante, un sourcil élevé, les bras croisés sous sa poitrine. Un long moment construit de silence passa avant qu'elle ne se retourne vers l'intérieur de l'appartement et que Fye ne baisse sa main tendue, sachant dorénavant que sa tentative de faire connaissance avec la jeune dame avait grandement échouée.

« Fré! Y’a quelqu'un qui voudrait te voir à la porte. » Lâcha-t-elle sur un ton désinvolte qui était en étroite relation avec la familiarité de ses paroles.


Ceci-dit, la femme semblait bien connaître son frère. Finalement, elle se retourna vers le médecin, le détaillant de la tête au pied une dernière fois, un rictus sur le coin des lèvres dont l'invité ne pu déchiffrer l'émotion qu'il voulait transmettre, puis disparu enfin à l'intérieur alors que Frédérick arrivait d'un pas plutôt pressé sur le porche. Dominant le jeune Anglais d'un ou deux centimètres seulement, lorsqu'il l'aperçut, le sourire de l'aîné s'étira de façon à ce que son frère fut prit d’un frisson qui lui parcouru l'échine. Il n'eut même pas le temps de le saluer que l'autre homme prit tout de suite la parole.

« Tiens tiens. Si ce n'est pas Jésus qui nous revient après vingt et quelques années. »


Cette remarque refroidit instantanément l'humeur dudit Jésus qui s'efforça de garder le sourire, une expression de gêne sur le visage. Il essaya de balbutier quelques excuses, mais sans grand succès.


« Et qu'est-ce que t'es venu faire chez moi? T'en as pas assez de t'avoir vengé et d'avoir enfin prit ma place? Tu veux me voler ma petite amie maintenant? »

De toutes évidences, le cadet ne semblait pas savoir de quoi parlait son frère puisque ses saphirs brillaient dans la plus grande et la plus totale incompréhension.


« De quoi parles-tu? Quelle vengeance?


- Oh! Mais c'est qu'il parle bien le docteur! »


En effet, Fye avait quelques chose de distingué dans sa manière de parler alors que son frère semblait encore communiquer comme un jeune garçon au beau milieu de sa crise d'adolescence, oubliant quelques sonorités et circoncisant ses mots. Soudain, alors qu'il paraissait euphorique, l'aîné attrapa son petit frère par le collet, le plaquant brutalement sur le mur le plus proche d'où ils se tenaient tout deux. Le médecin ferma les yeux sous la rudesse du coup, son dos le lancinant affreusement pendant un moment, puis les ouvrit enfin pour voir que Frédérick se trouvait à seulement quelques centimètres de son visage habité par la douleur, une mimique effrayante abordant ses traits.

« Allons donc! Tu ne te souviens plus mon très cher Fye? » Il avait prononcé son nom en prenant la peine de bien peser sur la seule et unique syllabe qu'il contenait. « Papa et Maman ne t'ont pas rafraîchi la mémoire? C'est dommage: je me vois donc collé à cette tâche plutôt ennuyeuse. Mais bon. » S'il eu l'air véritablement ennuyé l'instant d'avant, il fut aussitôt saisit d'un étrange enthousiasme. « T'es prêt à entendre l'histoire de ta misérable vie? »


À l'entente de cet adjectif, le plus jeune ne fut pas certain de vouloir entendre cette histoire. Pourtant, il hocha la tête doucement, ayant peur d'énerver son frère plus qu'il ne semblait l'être.

« Par contre, je ne veux pas que tu me coupes en plein récit: je déteste ça! C'est compris?! »


Celui-ci sembla un peu pensif pendant un court instant, fixant Fye d’un œil étrange, un sourire que l’on pouvait qualifier de machiavélique dessiné sur ses lèvres. L’homme maintenu adossé au mur malgré lui déglutit avec difficulté.


« Pourtant, je me fais certainement du soucis pour rien. Monsieur le docteur doit être assez civilisé pour ne pas interrompre les gens lorsqu’ils parlent. Et puis, ce que je m’apprête à raconter n’est pas vraiment doux. Tu risques d’en rester sans voix. »


Le cadet avait donc alors eu raison de s’en faire dès la minute où on l’avait projeté sur le mur qui en avait même tremblé quelque peu au moment de l’impact.

« Tout a commencé à notre naissance. Évidemment. Comme on a du te l’avoir déjà dit, tu as été le second à voir la lumière du jour. Ce que l’on t’a sûrement caché, par contre, c’est le fait que tu ne sois pas une personne à part entière. Tu n’es que mon ombre, mon reflet dans la glace, mes traces de pas dans la neige. Tu ne possède même pas une identité propre à ce que t’es. »

Affligé par ces paroles, les yeux ronds et grands ouverts, le médecin écoutait sans toutefois vraiment comprendre. Pourquoi son frère lui disait-il des choses aussi ignobles? Celui-ci se rendit compte du questionnement de son jumeau et commença quelques explications.

« Papa et maman ont bien été les premiers à s’en apercevoir. C’est pourquoi ils ne t’ont pas nommé. Oh, bien sûr, il y a bien un mot qui te désigne pour que l’on puisse t’identifier, mais rien de plus. Tu ne t’es pas encore rendu compte que ton prénom n’est qu’une déviation de mon surnom? Pathétique. Tout de même, Fye, je te croyais plus logique pour un médecin. »

L’expression d’horreur que le cadet abordait sur son visage livide par cette vérité trop crue n’exagérait pas afin d’imager toute la débandade de sentiments qui se pressaient à l’intérieur de lui, lui brisaient le cœur.


« Alors que tu vivais encore à la maison, jamais Papa ou Maman ne t’ont témoigné leur amour. Tu sais, cet amour inconditionnel que les parents ressentent habituellement pour le fruit de leurs entrailles? D’un côté, c’est tout ce qu’il y a de plus normal pour un enfant indésirable. » Il attendit un moment la réaction de son frère, mais celui-ci semblait paralysé par ces paroles immondes. « Chaque jour, c’était la même chose : moi, j’avais droit aux câlins et à toute l’attention des adultes; toi, on l’installait dans un coin de la maison, t’ordonnant de te tenir tranquille, et parfois on te donnait un de mes jouets que je n’aimais pas ou que j’avais brisé entre tes mains. Tu t’amusais – ou tu ne t’amusais pas, je ne l’ai jamais vraiment su et ça m’importe peu maintenant – dans ce coin, ainsi, toute la journée, dos à nous, comme en punition pour toujours. Je ne t’entendais même pas, et c’était bien ainsi. Non pas parce que je ne t’aimais pas, parce que j’ai toujours aimé savoir que j’avais un petit frère au même visage que le mien qui pouvait me comprendre en tant qu’enfant et avec qui je pouvais un peu m’amuser lorsque Papa et Maman avaient le dos tourné. Si je trouvais ton silence comme une bonne chose, c’est bien parce que quand tu faisais ce ne serait-ce qu’un petit peu trop de bruit, quelqu’un allait directement te rejoindre pour te gronder et te frapper sans retenue. Je trouvais cela fort triste; je n’ai jamais souhaité ton malheur. »


Même en ayant entendu cette grande part de son passé et qu’une boule d’émotions lui serrait douloureusement la gorge, Fye réussit à placer quelques mots d’une voix on ne peut plus troublée.


« Mais alors, pourquoi est-ce que… »


Il ne put finir sa phrase : la main de l’aîné fendait déjà l’air pour venir frapper brutalement, dans une sonorité qui ne pouvait que démontrer la violence du coup, la joue du cadet. Celui-ci maintenu sa tête dans la position que la gifle l’avait menée. Les dents serrées, ses cheveux blonds cachaient ses yeux. C’était peut-être mieux ainsi, dorénavant.


« Je te l’ai dit : on ne m’interrompt pas. »

Un rictus amusé sur les lèvres, il observa pendant un moment la joue meurtrie de son frère rougir petit à petit. Il y avait peut-être été un peu trop fort, mais il l’avait tout de même averti au début de son récit. Dans la tête du médecin, un combat de pensée faisait rage. Il n’arrivait pas à saisir pourquoi est-ce que son frère le détestait autant aujourd’hui alors qu’il le prenait en pitié étant enfant. Ou s’il l’aimait toujours, pourquoi être si dur envers lui?

« Comme je le disais avant d’être grossièrement interrompu, je n’ai jamais souhaité ton malheur. J’ai été bien soulagé lorsque Papa t’as finalement chassé de la maison parce que tu avais échappé un verre d’eau sur le plancher qu’il venait de finir de teindre. Tu allais certainement rencontrer quelqu’un de bien qui allait s’occuper bien mieux de toi. Et je crois bien que c’est arrivé. » Il marqua un temps, observant Fye d’un œil presque dégoûté. « Oui, finalement, on dirait bien que cet homme t’as beaucoup mieux élevé que nos parents. T’as reçu une bien belle éducation pour un garçon adopté. Ce n’est pas tous les enfants abandonnés qui réussissent une carrière en médecine. Pour ma part, Papa et Maman m’auraient payé toutes les études que j’aurais voulu entreprendre. Tant que j’aurais fini avocat, homme politique ou bien dentiste, ils auraient été comblés. Pourtant, ce qui me fascinait, moi, c’était l’informatique. Et c’est en quoi j’ai fais carrière. Je suis informaticien. Seulement parce qu’ils ne pensaient pas que ce métier leur rapporte leur part de gloire, nos parents ont alors mené quelques recherches, question de voir ce que t’étais bien devenu. Voir si tu ne valais pas mieux que moi. C’était facile, parce qu’ils avaient toujours gardé ce petit bout de papier qu’ils avaient découpé d’un journal où l’on annonçait qu’un petit garçon répondant au nom de Fye, né un 29 février, avait été trouvé et que l’on cherchait ses parents. Ainsi, enfant indésirable dès le départ, t’es rendu bien plus intéressant maintenant que tu fais fortune à New York en sauvant quelques personnes d’une mort affreuse par le billet de la médecine. Ils se sont donc retournés vers toi, t’ont couvert de louanges, te racontant à quel point tu leurs avais manqués. Mais tout ça n’est que mensonges : ils n’en veulent qu’à ton argent et à ton pouvoir. Et finalement, c’est moi qui suis devenu cet enfant indésirable que l’on chasse de la famille pour aucune bonne raison. C’est pour ça que je te déteste. T’as pris ma place; tu dois être bien heureux d’avoir enfin une victoire sur moi. Mais dis toi que la partie n’est pas terminée et que j'ai encore plusieurs chances de doubler mes points. »

Selon son ton de voix, Frédérick avait l'air profondément énervé par ce que son frère lui avait causé inconstamment. Celui-ci, la tête toujours baissée, attendit plusieurs minutes avant de répliquer aux paroles de l'aîné qui semblait alors avoir fini de parler.


« Je suis désolé pour tout ce qui peut t'arriver en ce moment, mais je n'en ai jamais voulu ainsi. En aillant su tout cela, je n'aurais pas répondu à l'appel de Père et de Mère. Je ne veux pas que tu souffres autant que j'ai pu souffrir dans cette enfance dont je ne me souvenais plus des détails et dont je me serais bien passé de me rappeler si ce n'était pas pour imager ta situation désavantageuse. »


La poigne du plus vieux se crispa sur le col de la chemise du médecin. Sa voix s'éleva dans le couloir de l'immeuble, forte et imposante. Il en criait presque.


« Je me fou bien que tu sois désolé ou non! Ceux que tu nommes si respectueusement m'ont chassé de la famille aussi subitement qu'ils ont pu le faire avec toi dans le passé! Tout ça parce que j'ai choisi le travail que j'aimais au lieu de ce qui les aurait rendus riches! Tout ça parce que tu existes! Traître! Si seulement j'avais été enfant unique, tout ça n'aurait jamais arrivé! T'es qu'un malheur ambulant! Je me demande bien par quelle force tu peux bien être encore en vie! La Terre entière se porterait bien mieux sans ta lamentable existence! » Il leva dans les airs son poing valide, menaçant, les yeux brûlants de colère. « Je te déteste tellement! »


Il lança rapidement son poing dans la figure du jeune Anglais qui ne répliqua pas et qui s'efforça de ne pas broncher. Ce coup lui faisait horriblement mal, mais le méritait-il peut-être finalement. Pourtant, même après ce défoulement, son frère ne semblait pas s'être calmé. Il leva une seconde fois son poing tremblant de rage au dessus de sa tête pour qu'il finisse écrasé dans la figure du cadet. Ce manège dura encore et encore alors que Frédérick, se défoulant enfin, lui criait des mots et des phrases aussi haineux les uns que les autres. Fye, quant à lui, ne réagissait pas et recevait les coups et les insultes avec un calme déconcertant. Ou peut-être étaient-ce les coups de poing qui l'étourdissait, ne pouvant ainsi pas répliquer aux assauts.



« T'es vraiment qu'un grand salopard! Tu devrais mourir! Tu me dégoûte! »


Alertée par le bruit, la jeune femme qui avait ouvert au médecin se précipita à l'extérieur, tentant de retenir son copain qui était plus déchaîné que jamais. Ayant tout le mal du monde à arrêter ses poings, elle argumenta.


« Fré! Tu vas le tuer! T'as déjà assez de problèmes comme ça: lâche le! »


Et comme de raison, l'aîné stoppa ses coups, son poings toujours serré, tâché par le sang de son frère. Sang qui s'échappait du coin de la bouche du cadet jusqu'à aller souiller sa chemise blanche. L'autre poing de l'homme dominant lâcha finalement le vêtement et le médecin glissa le long du mur sur lequel il était appuyé, ses cheveux cachant toujours son expression. Frédérick, comme dernier geste, cracha sur son petit frère qui n'avait toujours pas bougé depuis sa libération.


« Va te pendre, te jeter en bas d'un pont, te couper les veines. Le monde vivrait bien mieux sans ta lamentable existance. Et si jamais tu décides de vivre malgré tout ce que tu as pu faire, ne t'avise plus jamais de croiser ma route. Je ne veux plus te voir. T'entends imbécile?! »


Et sur ces mots, il tourna les talons et prénétra dans son appartement, suivit de près par la femme à la longue chevelure, claquant la porte dans un grand bruit, laissant Fye dans un piteux état. Celui-ci mit du temps avant de se relever et de se diriger, chancelant, vers la sortie de l'immeuble à logements où il se trouvait. Dehors, il ne faisait pas plus beau que dans le couloir du bâtiment: de gros cumulonimbus gris avaient pris le contrôle du ciel, cachant le soleil et ses rayons agréables qui y étaient au début de sa visite. Le jeune Anglais n'eut même pas le temps de faire un pas à l'extérieur que les nuages cédèrent: la pluie ne faisait que commencer qu'elle était importante et forte. Pourtant, le jeune homme continuait sa marche comme si la précipitation n'avait pas lieu alors qu'elle lui martelait la tête déjà assez douloureuse et lavait le liquide de vie de sur son visage livide et sa chemise. Il fut bientôt complètement trempé, gelé jusqu'aux os. Bien que cette sensation de froid calmait sa douleur, elle fut beaucoup moins agréable à long terme. Marchant lentement, il se rendit sans détour dans un petit parc non loin du logement de son frère. S'arrêtant au beau milieu du chemin, les mèches de ses cheveux collant sur la peau de son visage, il leva la tête vers le ciel pluvieux et resta immobile à le contempler pendant plusieurs heures.


S'il pleura à ce moment, personne ne l'eut su.


~Owari

mardi 20 novembre 2007

AMV - Skittles

En me promenant quelque peu sur youtube l'autre jour, j'y ai trouvé un AMV (Anime Music Vidéo) plutôt bien fait. La Mélancolie d'Haruhi Suzumiya et des couleurs vives y sont à l'honneur. Habituellement, les vidéos musicaux que l'on peu trouver sur des animes sont assez "basiques", c'est-à-dire, quelques images sur une belle petite musique. Par contre, dans ce cas, on peut variment dire que l'auteur a mit le paquet pour attirer l'oeil.
Enfin, je vous laisse juger par vous même! Bonne écoute!

samedi 17 novembre 2007

Fye D.Flowright; l'enfance d'un indésirable (partie1)

Tout droit sortit de mon imagination, voici l'histoire de l'enfance de Fye D.Flowright. Non pas celui que vous connaissez, mais bien celui d'un AU (Alternate Universe (Univers Alternatif)) que j'ai créé. Ici, Fye, originaire de l'Angleterre, vit aux Amériques, à Manhattan, New York, plus précisément et y exerce le dur métier qu'est médecin. Pourtant, si vous connaissez ne serait-ce qu'un peu le passé sombre du personnage des Clamp, le Fye que j'ai "créé" n'a pas eu une enfance très agréable. Mais fort heureusement pour lui, une brume bien épaisse lui cache la vraie nature de ses souvenirs d'enfance. Enfin, vous en saurez plus en lisant son histoire, que j'ai écrite en forme... D'histoire! Cette fois, il n'y a pas de mise en garde, si ce n'est que l'apparence et une bonne partie du caractère du médecin anglais qui appartient aux Clamp. Sinon, Monsieur Walter et les voisines trop bavardes m'appartiennent. (L'image ne vient pas de moi, mais la coloration a été faite par mes soins.) Bonne lecture.
~*~

« J’ai entendu dire qu’il avait recueilli un enfant chez lui

« J’ai entendu dire qu’il avait recueilli un enfant chez lui. »


« J’ai un peu peur pour ce garçonnet : Monsieur Walter n’a pas l’air d’une très gentille personne. Je ne l’ai jamais vu sourire. »

« Il parait que Walter a un enfant chez lui. Je ne savais pas qu’il s’était marié. »

Le bouche à oreille s’étant magnifiquement exécuté, la rumeur s’était rapidement propagée dans le quartier. Toutes les voisines curieuses et ayant un peu trop la « parlotte » étaient au courant, se demandant si cette histoire était vraisemblable. Pourtant, quelques unes d’entre elles défendaient qu’elle avait déjà vu Monsieur Walter accompagné d’un petit être lorsqu’il était sortit de chez lui.

« Il ne doit pas avoir plus de cinq ans. C’est impossible qu’il se soit marié et qu’il ait eu un enfant : nous nous en aurions rendu compte. »

« Il est bien trop anti-sociable pour s’intéresser à quelqu’un.»

Alors qu’elles continuaient leur théorie, toujours regroupées en avant de l’une de chez elles, un homme, les cheveux courts et ténébreux, le regard ressemblant étrangement aux couleur des flammes, le visage fermé et sérieux, les épaules carrées, grand, passait derrière elles. Il tenait négligemment un petit bonhomme par le poignet. Énorme contraste à côté de celui-ci, l'enfant avait peine à le suivre, ses petites jambes maigrichonnes – à l’image du reste de son corps – n’arrivant pas à trouver le même rythme que celles de son aîné. Sans poser les yeux sur lui, la voix grave de celui-ci s’éleva dans les airs.

« Oi. »

Deux orbes bleus remplis de curiosité attribuable aux mêmes petits garçons se levèrent vers l’homme de grande carrure qui continuait toujours de marcher un peu trop vite pour lui.

« N’écoute pas ce que les gens peuvent te dire. L’Humain est un étrange animal qui peut raconter beaucoup de conneries. »

L’enfant ne répondit rien, déjà trop occupé à penser à ce qui avait été dit… Et à essayer de suivre correctement Monsieur Walter qui n'avait pas ralentit la cadence.

Les années avaient passées. Et une mémoire qui ne se pratique pas à se souvenir oublie ce qu'elle a déjà emmagasiné.

Étrangement, il ne se rappelait de rien. Plus rien du tout. C'était pourquoi il s'était approché de son tuteur qui était alors assit, le visage fermé, comme à son habitude, dans son fauteuil en train de lire un bouquin. Remarquant sa présence, celui-ci se détacha de sa lecture et contempla longtemps l'enfant debout devant lui. L'un debout, l'autre encore confortablement assit, le cadet dépassait l'homme aux cheveux de jais de seulement quelques millimètres. Un petit sourire réussit à étirer ses lèvres alors que celui-ci constatait combien son petit protégé avait pu grandir depuis ce jour. Ce jour où on avait cogné à sa porte à une heure plutôt tardive...

« Qu'est-ce que tu veux? »

Sa voix semblait toujours un peu énervée, à lui lancer des reproches. Mais le jeune garçon y était habitué maintenant. Il savait qu'il ne fallait pas se fier au ton employé par son responsable. Droit comme un « i », il formula finalement sa demande.

« J'aimerais que vous me racontiez tout. Tout depuis que je suis ici. » Il baissa un peu les yeux. « Je ne me souviens plus. » Relevant soudainement la tête, sa voix laissait voir qu'il y tenait beaucoup. « S'il vous plaît, Monsieur Walter. »

Les yeux perçants du plus vieux fixèrent l'enfant qui se demandait alors si sa demande avait été peut-être trop extravagante. Ou peut-être était-ce parce qu'il avait encore vouvoyé son tuteur en plus d'avoir utilisé son nom malgré le fait qu'il lui en avait ordonné autrement? Un peu ailleurs, il ne remarqua pas que l'homme devant lui avait fermé son livre et ôté ses petites lunettes de lecture.

« Viens là. »

Le blondinet s'approcha doucement et une fois qu'il fut à la portée de son aîné, celui-ci, sous sa plus grande surprise, le souleva par les aisselles et l'installa sur ses genoux. Il resta quelque peu silencieux, puis prit son souffle afin de commencer. En réalité, lui conter cette histoire l'ennuyait un peu, mais se souvenir de son existence était une chose importante selon lui.

« C'est un soir de mars que tout à commencé. J'étais occupé à dessiner un plan architectural pour un client alors que j'ai entendu quelques coups timides à la porte de l'entrée. Je me suis levé pour aller répondre et quand j'ai ouvert, j'ai vu un tout petit bonhomme à la chevelure blonde et désordonnée me regarder avec de grand yeux, comme me suppliant. Il m'a dit: » À ce moment, sa voix virile changea afin d'essayer d'imiter le jeune garçon quelques années auparavant. « Il y a des gens qui me poursuivent. J'ai peur. »

L'enfant l'écoutait avec attention, gravant dans son esprit tout ce qu'il disait. L'aîné reprit sa voix habituelle.

« Je n'ai pas voulu laisser cet enfant au danger auquel il faisait allusion. Je l'ai donc fait rentrer à l'intérieur et je lui ai prié de me dire comment il s'appelait et d'où il venait. Je n'ai reçu que quelques vagues informations: son nom, son âge. Il s'appelait Fye et il avait six ans. Ceci-dit, il se rappelait de sa date de naissance seulement puisqu'elle était spéciale comparée à celle des autres enfants: il était né un 29 février. Il est resté avec moi quelques jours pendant lesquels j'ai essayé de retrouver ses parents. Même avec ces données plutôt spécifiques, les géniteurs n'ont jamais montré ce ne serait-ce qu'un petit signe de vie. Malgré tout, j'ai gardé le gamin qui était venu cogner à ma porte un soir de mars. »

L'homme aux cheveux de jais sourit doucement lorsqu'il vit le garçon sur ses genoux en faire autant.

« Et puis, un peu plus tard, lorsqu'il a eu dix ans, j'ai su que ce petit bonhomme avait certains pouvoirs. Qu'il était un mutant. Qu'il était capable de faire bouger les objets par la force de sa pensée. Il a eu peur en voyant ce que cela représentait. Il a eu peur en voyant qu'il n'arrivait pas à se contrôler. Mais je l'ai encouragé et soutenu. Et avec un peu de volonté, malgré que tout cela était difficile pour lui, il a apprit à maîtriser et à vivre avec son don. »

La voix enfantine du cadet le coupa dans son histoire.

« Vous n'avez pas besoin d'en rajouter plus: je me souviens de cela.

- Seulement lorsque tu arrêteras de me vouvoyer, gamin. »

Même si cette phrase avait été lancé sur un ton d'amusement, l'enfant tortilla nerveusement ses doigts en baissant le regard.

« Je ne pourrais jamais. C'est impossible. Vous inspirez beaucoup trop le respect. Ce serait comme insulter le Roi d'Angleterre... »

Monsieur Walter soupira, puis posa l'une de ses grandes et puissantes mains sur la tête du blondinet, la caressant gentiment. Le silence s'imposa dans la pièce pendant une ou deux minutes qui parurent beaucoup plus longues qu'elles ne l'étaient en réalité.

« Fait comme tu l'entends alors. » Le petit homme releva son regard pour fixer son tuteur, heureux qu'il ait enfin accepté de se faire vouvoyer. « Bon. File dans ta chambre: je ne veux plus te voir traîner ici. Tu as des devoirs à faire et des croûtes à manger si tu veux devenir médecin.

- Oui! »

L'enfant sauta des genoux sur lesquels ont l'avait fait monter une dizaine de minutes auparavant et courut en direction de sa chambre. Il avait effectivement encore beaucoup de chemin à faire pour réaliser son rêve: devenir médecin, sauver des vies.

~Owari